Être un cycliste à Bordeaux 🚴

En 2015 à Bordeaux, déjà 12% des actifs allaient travailler en vélo. On ne peut que s'en réjouir ! En effet, un cycliste ne pollue pas, n'est pas bruyant, ne génère pas d'embouteillages et enfin ne tue pas.
On s'en réjouit à la fois pour notre santé, le calme, notre sécurité mais aussi on peut s'en réjouir pour les finances publiques. Le gouvernement Danois a calculé que pour chaque kilomètre parcouru en vélo plutôt qu'en voiture, l'état économise 1€. Imaginez donc chaque jour l'économie réalisée grâce aux cyclistes Bordelais.

Oui mais cette évolution ne se fait pas dans une ambiance apaisée. Les conflits d'usage et le laxisme face à certains comportements freinent certains à adopter ce mode de transport.

Les cyclistes Bordelais

Vous ne pouvez pas passer une journée à Bordeaux sans les voir. Les nombreux cyclistes arpentent quotidiennement les multiples voies de bus partagées, les bandes cyclables, les pistes séparées ou la voie principale.
Vous pouvez voir tous les âges pédaler à vélo à Bordeaux.

Nous les comprenons aisément, faire du vélo est agréable, moins stressant et plus indépendant que les transports en commun, mais surtout plus rapide que la voiture et sans problème pour se stationner. Enfin, il coûte à peine plus que de marcher.
Bordeaux est une ville où faire du vélo est facile, peu de dénivelés, 1700 VCub en libre service, des prêts vélos longue durée par la ville, plusieurs associations de cyclistes et un nombre grandissant de vélocistes qui, dans leur boutiques, réparent, vendent et louent.

Cyclistes tendus

Un frein à l'utilisation du vélo reste très oppressant à Bordeaux: certains motorisés ne veulent pas partager la route. En effet, le partage de la route à Bordeaux se fait dans la tension et parfois la peur. Quelques rares automobilistes semblent louer une haine irrationnelle contre les cyclistes, mais pour la grande majorité des autres, les cyclistes subissent un cocktail de flegme, d’égoïsme et d'irrespect de leur part. Impossible de traverser Bordeaux à vélo sans en faire l’expérience, les motorisés semblent ne prendre en compte uniquement ce qui peux être dangereux pour eux. Comme un raisonnement inconscient qui à chaque intersection se résumerait en "Quelque chose d'au moins aussi volumineux que ma voiture va t'il s'engager ?" Les infractions au code de la route qui mettent en danger les cyclistes sont nombreuses : stationnements illégaux, refus de priorités, SAS vélo squattés. Et ce comportement ne changera pas grâce aux forces de l'ordre, car vous pouvez aussi voir la police s’arrêter sur un SAS vélo, rouler sur une bande cyclable à moto et se garer n'importe comment pour aller dans une supérette.

Enfin la politique vélo de Bordeaux se limite aux VCub, une maison du vélo et tracer un maximum de kilomètres de piste cyclable pour faire gonfler les statistiques. Une grosse partie des kilomètres aménagés sont des bandes cyclables qui semblent être tracées par des urbanistes qui n'ont jamais fait de vélo en ville. L'exemple le plus flagrant pour moi se trouve Quai de Paludate, d'un côté de la route se trouve des places de stationnements trop étroites, les voitures stationnées dépassent donc. Mais une bande cyclable à peine assez large pour y dessiner le pictogramme vélo longe ces places. Non seulement cela résulte souvent en 30cm de bande cyclable, mais aussi en une allée de portières qui peuvent s'ouvrir à tout moment. Enfin, comme sur toutes les bandes cyclables, la chaussée n'est pas entretenue. On se rend vite compte que les bandes cyclable de ce genre sont en fait des variables d'ajustement pour tout : stationnements mal conçus, panneaux temporaires, places de livraison… Elles sont inutiles et dangereuses, il faut, pour sa sécurité, rouler sur la voie principale.

Des solutions existent

Des solutions existent et elles sont politiques. On doit forcer les motorisés à respecter les cyclistes. Nul besoin de légiférer, uniquement de punir les nombreuses infractions. Avez vous déjà entendu parler de quelqu'un perdre 4 points et payer 135€ d'amende pour s’être arrêté dans un sas vélo ? Ça m'étonnerai beaucoup. Il en va de même pour ceux qui dépassent en frôlant les cyclistes.

Enfin il faut supprimer les bandes cyclables, qui font croire à certains automobilistes (qui ne font pas la différences entre un panneau rond et carré) qu'un vélo n'a rien à faire sur la voie partagée. Les bandes cyclable ne sont utiles qu'avant un feu, elles permettent de ne pas rester coincer derrière les pots d’échappement et de rejoindre le sas vélo, ou de profiter d'un cédez-le-passage cycliste.

Faites du vélo

Malgré tous ces points négatifs, faire du vélo reste agréable. Quel bonheur de ne pas rester coincer dans les bouchons, ne pas payer d'essence, ne pas payer de stationnement, pouvoir interagir avec les autres cyclistes et les piétons, et se dire qu'on ne participe pas au vacarme étouffant à chaque artères de la ville.


Illustration (libre d'usage) par Luca Campioni